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 [Juin] Ne partons pas fâchés.

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Shane Gardner


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MessageSujet: [Juin] Ne partons pas fâchés.   Ven 27 Juin - 20:18

Il pleuvait.

A genoux devant l'eau claire, le jeune homme observa son reflet troublé par chaque nouvelle goutte de pluie. Plic, plic, plic. Elles venaient caresser sa peau et celle fictive qui surnageait sur l'onde claire ; mouillait ses cheveux comme celles, plus salées, qui glissaient le long de ses yeux. Il savait qu'il n'avait pas beaucoup de temps. Il avait tourné à gauche, puis à droite, jusqu'à ce que son chemin le mène quelque part ; il serait bientôt l'heure de rentrer, de donner ses cours et d'aller se coucher pour attendre une nouvelle journée. Son temps libre se comptait en libertés de quelques minutes, parfois quelques heures sur un emploi du temps souvent chargé ; il n'avait pas le temps, pas le temps, pas le temps.
Trop de temps, pourtant.
Yeux clos, il laissa sa respiration affolée se calmer peu à peu. Le froid l'aidait à se concentrer. A y voir plus clair. Son cœur battait encore la chamade ; véritable bombe atomique prête à tout détruire entre lui et des côtes dont on devinait le tracé sous sa peau claire. Trop mince, trop frêle. Il faisait encore peine à voir. Son reflet lui renvoyait l'allure d'un garçon qui se laissait toujours trop aller ; d'un misérable, d'un type anéanti attendant juste qu'on vienne lui asséner le dernier coup de hache. Pourtant il voulait vivre. Il voulait tellement, tellement sortir d'ici. La captivité et les échecs incessants l'avaient rendu plus friable, fragile. Incapable de se relever tout à fait quand on le poussait à terre, le cœur gros de ce qui pouvait se passer dans un monde qu'il avait dû quitter aux yeux de ses proches. Il pensait à sa mère. A son frère. Pensait à ce qu'ils pouvaient faire, penser de son acte. Songeraient-ils au suicide ? Leur manquait-il ? Voulaient-ils le revoir ?
Et que se passerait-il si on exauçait enfin son souhait, hein.
Abandonné aux éléments comme un chien errant, Shane glissa doucement ses doigts dans l'eau pour rencontrer ceux qui se tendaient vers lui, incapables de sortir de leur prison glacée. Il n'avait aucune envie de retourner là-bas sans avoir obtenu son miracle. Il ne pouvait pas. En serait incapable. Lui eut-on proposé un aller simple pour la terre en échange de ne pas voir son vœu exaucé, il aurait été incapable d'accepter. Il avait un besoin quasi vital de voir sa vie s'améliorer, d'être enfin pardonné. C'était tout ce qu'il demandait. Que tout aille bien. Qu'il puisse enfin vivre normalement, sans avoir à s'en vouloir à chaque instant de sa vie. Il voulait que tout aille mieux. Rien que ça. Juste ça.

« Tu vas m'accorder mon miracle, hein ? »

Pris d'une impulsion soudaine, soucieux de voir se reproduire le geste qui lui avait peut-être coûté la vie, finalement, il plongea sa tête dans l'eau. Mains appuyées sur le rebord, bras pliés avec une rigidité quasiment militaire, le jeune professeur observa un moment le paysage qui se déroulait devant ses yeux. Il pouvait presque y voir les yeux accusateurs de son frère, y entendre le bruit caractéristique du fauteuil qui crissait contre le sol inégal de la salle à manger ; comme pris de panique, il retira sa tête de l'eau en un mouvement empressé. A moitié étouffé, il dut s'y prendre à plusieurs fois avant de reprendre correctement sa respiration.
Ça faisait tellement mal. Tellement, tellement mal.
La douleur venait rarement de là où l'aurait cru.
Les ornithorynques ont un dard, les koalas des griffes et les humains, eux...
A quel point pouvaient-ils être cruels, mon Dieu.

Sans se brusquer, encore un peu maladroit sur ses deux jambes, Shane se redressa. Il remit correctement son bonnet sur sa tête ; soupira.
Et le lendemain, il serait encore là.

A prier « je vous en supplie, faites que je sorte de là ».

Foutu menteur. Si je rentre pas tu feras quoi, hein ?

Il ne pouvait pas abandonner là.
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