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 Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.

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Endless Hiddayen


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MessageSujet: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Sam 12 Juil - 12:58

Tout semblait si lent et cet instant donnait l’air d’une éternité. La seule lumière qui m’était perceptible s’éteignait peu à peu tandis que j’apercevais mon frère remonter à la surface. Je sais que j’étais dans l’eau, mais cette vitesse était tout-de-même étrange. Etait-ce par simple ironie, tristesse ou amers regrets ? Si seulement la réponse n’était pas inconnue. Tout ce que je sais c’est que, pour ma part, je coulais dans un temps presque infini jusqu’à croire que le fond n’existait pas… et n’existera  sans doute jamais réellement.

« Réellement » ? Je ne pourrai jamais croire qu’un lieu à l’air libre pourrait être le fond d’un lac. Au début, après avoir séché mes larmes, je pensais être mort. Comme on dit souvent, la mort est un sommeil éternel et durant un sommeil, on rêve. Atterrir dans un pensionnat est un rêve pour moi, qui serait autre représentation pour d’autres. Michael me disait qu’il n’aimait pas le lycée, qui se référencie aux pensionnats sans chambres. Je n’y suis tout simplement jamais allé. Mes cours avait lieu entre quatre murs, ainsi que mes repas, mes sommeils…Bref.

Ce n’était qu’au début. Après, j’avais des doutes. Être mort signifierait devenir une âme errante qui vit un rêve. Une âme ne serait-elle pas immatérielle ? Dans un rêve, ne serait-on pas heureux ? J’avais pleuré, senti le sol sous mes genoux, respiré ; à mon arrivée, j’avais déjà assez de thermes qui auraient expliqué ma mort, comme assez qui l’auraient contredis.

Je me suis dit… que je devais en apprendre plus par moi-même. Si je suis vivant, je pourrais revoir mon frère. Si je suis mort, mon âme aurait une chance d’éliminer cet intrus ; cet intrus qui me perturbe, m’embête, m’énerve depuis mon enfance déjà. Une âme qui m’a obligée à tuer ma mère…

« Eh bah, écoute. Je ne t’ai obligé à rien t’sais.
_ Tu l’as juste fait indirectement. Je voulais libérer ma mère, et j’suis sûr que tu le savais. Tu savais que j’avais été capable de la tuer pour.
_Hey hey. Tu ne trouves pas que le moment est mal choisi pour s’disputer ? »

Le moment était, effectivement, mal choisi pour quereller. Je m’étais simplement contenté de soupirer, constatant qu’il avait raison et que je l’eus approuvé ce qui est, en général, bien rare. Mais le connaissant, qu’il ait raison ou non, il parle uniquement dans le vœu de mal me placer. Cette fois-là n’en fût pas une exception. Je crains que ça soit toujours ainsi, malheureusement.

Perte d’espoir ? N’allons pas dire une telle chose non plus. A la longue, après avoir passé biens des années dans le même corps qu’une âme qui ne présente aucuns signes de bienveillance, il devient difficile de croire qu’un jour elle en donnera une preuve. Ceci dit, je n’ai jamais espéré, et n’espèrerai jamais. Bravo Endless, tu es bien placé pour parler.

En ignorant donc ses moqueries, ses vanteries, ses félicitations et même sa voix, je me relevai et observai autour de moi. C’est à partir de cet instant que je me rendis compte de l’endroit où j’avais atterrit : un lycée. Pensionnat en fait. N’aurais-je pas dû croire que c’était une école ? Vu l’apparence des élèves, il ne semblait pas y avoir la trace de quelconque classe primaire ou plus jeune encore.

Grâce au décor, je pouvais conclure que je demeurais dans une cours. Les arbres, l’espace, l’air libre, et surtout les certains élèves qui s’y baladaient – puis-je dire-. Ça ressemble à la cours de mon école… avant. Mais en plus grand.

Il fallait bien que je m’y mette et que j’arrête de visualiser le passé ainsi. Je me disais que, s’il je tenais réellement à revoir mon frère, je devais me focaliser avant tout sur mes futures actions. Ce n’était pas en mélancolisant à cause de la belle époque que j’allais progresser. Loin de là.
Par contre, sans ce deuxième être, ça aurait pu être plus simple. Pourquoi ?

« Endless. Dis-moi. Si je possédais ton frère, tu le tuerais aussi ?
_ Ce n’est pas le moment d’en parler.
_ Si tu avais un moyen de té débarrasser de moi, tu le ferais ?
_ … Eh bien. Oui. Enfin bon, tais-toi. Tu veux ? »

Une fois être sûr de pouvoir marcher correctement, je commençai une marche calme cachant toute mon inquiétude. J’ignorais encore quel chemin emprunter.

« Endless…
_ Quoi encore ?
_ Franchement. T’sais que si tu meurs, je mourrais avec toi… oh ! Regarde ce jeune homme comment il a l’air… facile… à manipuler. Eh. J’aimerais bien le-…
_ TAIS-TOI. »

Il avait bien dit que si je mourrais, il mourrait avec moi, ce qui est évidemment faux. Mais cette fois-ci, je l’avais cru durant un certain nombre de secondes, ayant dans la tête le vœu de m’en débarrasser une bonne fois pour toute. Ce fût pour cela que je sortis immédiatement mon couteau de ma poche avant de le pointer en dessous de mon cou, à quelques millimètres de me couper la tête. Je me souviens m’être adossé à un mur du bâtiment afin de me faciliter la tâcher.

Ceci dit, j’hésitais. Il fallait que je me reprenne, me rendant compte que ma mort aurait causé sa libération. D’un autre point de vue, elle aurait tout aussi bien causé la mienne.
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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Dim 13 Juil - 7:52

AND ALL I GOTTA DO
IS ACT NATURALLY 

Air lourd. Parfum d'indifférence propre à leur âge ; figures irréelles. Une arme blanche collecte les rayons d'un soleil factice, là-bas. Tout près, assez près pour y tendre la main, pour en sentir la morsure. Assez près pour voir le sang perler à sa paume. Enorme scène étonnamment commune. Bien sûr, il ne fallait pas demeurer statique. Il ne fallait pas rester spectateur. Il fallait s'élancer -bien que ça ne soit ni par altruisme, ni par courage, vers la petite lame argentée pointée à la gorge de cet inconnu.


Ah, Axel. Tu te trompes de scénario. Laisse-le... Peut-être devrais-tu jouer au Romeo et déverser tes larmes de crocodile sur son visage, à ce bel acteur que tu ne connais pas. N'as-tu pas envie de pleurer ?


Non, plus maintenant. D'ailleurs, il ne se trompait pas de scénario. La main levée, l'ombre solaire plaquée sur ses traits, il se trouvait au bon endroit à esquisser le bon geste qui n'aurait eu aucune importance en dehors de cet espace, de cette atmosphère confusément irréelle qui régnait dans ce qui semblait être une cour de récréation. La main levée la paume fendue le sang perlant exactement comme tu l'imaginais. Il suivait du regard le chemin que prenait ce filet rougeâtre, son sang obéissant à son rôle, ce rôle excentrique de celui qui se mêle d'une affaire personnelle, qu'il avait décidé d'adopter dans cette étrange imitation d'une cour d'adolescents. Une cour de silence.


« Tu ne devrais pas. »


Car de toute façon, qu'y avait-il à gagner dans la mort à part le constat furtif de la victoire des autres ? Sans même parler du fait qu'ils ne pourraient plus jamais jouer, plus jamais ébaucher ces mimiques fatiguées, plus jamais goûter. A cette douleur, par exemple, devenue étrange tant son geste était soudain, presque masochiste. Il saignait, ce n'était sans doute pas un bon signe, non ? Peut-être que si. Il glissa sa paume sur ses lèvres et cueillit le sang sur sa langue. Oh, non, tu vas jouer au vampire affamé, maintenant ? Laisse ce garçon tranquille. Essuyer. Essuyer.


Ça y est, il semblait tenir quelque chose. Il avait essuyé une flaque mousseuse de bière avant de venir ici : Pschitt, sous le coup fatal de l'ouvre-boîte. Ah, comme il avait bien ri. Et essuyé. D'ailleurs, qu'avait-il donc bien pu vouloir pour en arriver là ? Se baigner dans les entrailles d'une mer paisible ? Se suicider lui aussi ? Se rafraîchir... Tiens... Il se perdait dans les rôles. Non. Un instant de trouble l'obligea à glisser ses mains sur ses joues, comme pour en vérifier la consistance. Oui, il avait bien un visage. Oohh. Et maintenant, une trainée de sang séché qui lui barrait la mâchoire. Hmm. Soulagement.


« Tu devrais le mettre dans ta poche... »


Comme tu es gentil, Axel. N'oublie pas de sourire. Voilà, flexion de la bouche. Amicale ou sensuelle ? Faisons les deux. Quoiqu'il en soit, ils pouvaient déambuler et saigner. Se regarder, se parler, se toucher. Oui, il avait frôlé ses doigts sous le couteau, toute à l'heure. Consistance humaine, heureusement. D'ailleurs, elle était assez agréable. Ils pouvaient encore dormir, se fatiguer... Obéir. Quand on peut encore faire, on n'est pas véritablement mort, non ? Pragmatique. La mort, ce n'est rien. Ici, il y avait pratiquement tout, excepté cette touche de réalisme que possédait l'autre monde, mais bien sûr -bien sûr ! (emphase) on n'est pas plus mal sans elle !


Il eut un nouveau sourire né de sa satisfaction intérieure ; c'était une drôle de sensation de rester debout en face de cette autre personne, les yeux rivés sur le couteau plongé maintenant dans les ombres mouvantes d'un arbre. D'ailleurs, le vent se levait. 

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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Dim 13 Juil - 19:32

Comment appelle-t-on ce moment déjà ? Ce moment où nous sommes coincés entre vouloir le bien ou le mal, entre le malheur ou le bonheur, entre le mensonge et la vérité… L’hésitation ? Oui, l’hésitation… Eh bien, j’ai détesté ce moment. Je devais choisir entre le libérer ou me libérer. Mettre un monde que je ne connais pas en péril ou le sauver en me sacrifiant. Pourtant, il suffisait que je tranche ma gorge afin d’en finir. C’est fou comme la vie ne tient qu’à un fil : une seule action peut tout détruire.

Etait-ce heureusement que cet inconnu intervint ? Je ne sais pas. Il vint simplement, dirigeant sa main vers mon cou, ou plutôt vers la lame de mon couteau. Mon regard suivait ses moindres faits et gestes jusqu’à ce qu’il prononça des mots. Les mots qu’il me fallait pour prendre une décision. Car oui, je ne devais en aucun cas en finir si vite, n’ayant même pas pu saluer mon frère pour une dernière fois.

Cet inconnu… serait-il mort lui aussi ? Mais… S’il était mort, il serait incohérent qu’il… que… qu’il me dise d’arrêter. Encore une preuve...
« Tu penses sérieusement End qu’un inconnu irait t’arrêter ? Ton frère ne t’a pas arrêté quand tu as tué ta mère…

_ IL NE-… »

A deux doigts de continuer à crier, je me tue soudainement, baissant de quelques millimètres mon couteau, les larmes aux yeux. Je voulus aussi reculer en voyant ses gestes aussi nouveaux qu’étranges, mais je ne pus. Derrière moi se trouvait un mur auquel mon dos était appuyé. Que fait-il ? Et pourquoi autant de questions en si peu de temps dans ma tête ?

« D-Désolé… je ne voulais pas crier… Je... »

Comment je me sentais : perdu. Comme si je me tenais dans une forêt noire et qu’uniquement deux chemins se présentaient à moi. Ces deux chemins étaient soit suivre ma volonté, soit suivre la raison. La raison que justifiait ce garçon, devant moi, l’air aussi étrange que cet endroit. Tout était étrange, en fait. Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi mon frère ? Pourquoi ici ?

Endless… suis son conseil et descend cette lame.
Il souriait. Il souriait à un point où je pouvais lui faire confiance durant une certaine durée. Malgré ses gestes bizarres, il avait été gentil de me dire de ranger cette « arme ». Alors doucement, je descendais mon couteau, la respiration forte et accélérée comme un enfant qui venait de pleurer. La différence était que j’étais sur le point de pleurer.

Pourquoi ? Parce que j’étais perdu, j’étais seul, j’étais impuissant, dans un monde que je ne connaissais guère. Sans aide, je pouvais tenter de me tuer à n’importe quel moment, et je m’en voulais pour ça. Pourquoi, encore ? Eh bien, car je m’en voulais du fait que la simple pensée de mon frère ne me rendait pas assez fort face à cette âme folle. Une âme folle… qui ne mérite pas d’exister.

« Laisse-moi sortir un coup. Il a l’air marrant-… »


Je n’avais même plus le courage de l’écouter parler. Je ne me sentais plus assez haut pour crier, hurler, insulter, tellement elle m’énervait. Sur autant d’années, je n’ai eu aucuns jours sans le souhait de me débarrasser d’elle comme on se débarrasserait d’une poubelle. Une ordure ? Bien sûr que oui. C’est la parfaite copie d’une ordure moisie de plus de cent ans. Et puis, qui oserait s’approcher d’une chose qui pue autant ? Faire l’impossible ? Sans doute. Il n’y a que les super-héros qui peuvent faire de telles choses. Qui dirait que moi, à ce moment de faiblesse, y arriverait ? De toute façon, ce jour-là, je venais d’arriver dans un endroit que je ne connaissais pas, entourés de gens et de choses que je ne connaissais pas ou plus.

J’inspirai grandement, sentant le vent écarter ma capuche et ébouriffer mes cheveux. Enfin une chose m’étant familière, une chose… non. Un élément. Je profitai de cette occasion pour ranger le couteau dans la poche de mon manteau.
Deux secondes ensuite, je me laissais glisser contre le mur pour finir par ramener les genoux contre mon torse. Une larme coula sur ma joue tandis que je gardais le silence. Un silence pesant, profond, que semblait partager l’âme m’habitant.

Mon regard rouge semblait voguer dans le ciel flou à cause des larmes cette fois un peu plus abondantes. Pleurer devait me faire du bien et m'aider à me reprendre...

« Ou pas. Cher ami, tu ne vois pas que ça ne sert à rien ? »

J'en serrai les dents, la bouche entre-ouverte pour mieux faire passer l'oxygène.Non End... ne pleure pas... Faute de ne vouloir bouger afin d'essuyer ces gouttes d'eau, je forçai seulement un sourire.
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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Lun 14 Juil - 10:29

Qu'est-ce que c'était beau.


Cette merveilleuse alternance de la passivité à l'excitation de la détresse. Habile... non, expressive. Les yeux moirés, le blanc strié de ridules écarlates, le souffle spasmodique entre les lèvres. C'était une expression qu'il ne pouvait encore saisir, car... Oui, il ne pouvait pas le ressentir, pourtant, oh, comme il aurait voulu !... lui emprunter ses traits par imitation. Empathie ou jalousie ? Oh, peu importe. Il demeurait spectateur : ébahi, stupide, béat ; émerveillé par l'éclat d'une larme dans ce nouveau monde plein d'ombres sinistres. Pleure. Frustration. Ne me souris pas. Il faut pleurer lorsqu'on en a envie, sinon...


Il fallait agir. Ne pas rester statique, mais faire quelque chose. Chaque geste décrira cette personne qu'il sera pour cet autre qui le regarde, avec de si belles larmes -qui ne lui sont malheureusement pas dirigées, mais quelle jouissance ça aurait été, si ce fût le cas ! il se dépeindra pour lui, comme il s'esquisserait autrement pour un autre, et ainsi de suite. Fantôme, chimère, avant tout humain sans vraiment en être conscient. Prétentieux. Non, il n'était pas prétentieux. Un être humain possède le don de l'imitation : les filles aiment le rose, les garçons le bleu ; oh, la voisine a un joli sac, et puis je veux la même coiffure ; je pense que je devrais me faire un tatouage aussi, parce que Jack... et puis ce style est tellement lyrique, et si, je le changeais un peu, et si, je lui empruntais quelques mots à ce monsieur important ; et Dieter, Dieter m'aimerait-il si je faisais semblant d'être elle, lui, eux ? Et ainsi de suite, etc. Un être humain deviendrait n'importe quoi ; n'importe qui. Il pouvait lui tendre la main, il pouvait faire une pirouette pour l'amuser, lui sourire, l'inviter, rire subitement, se cacher ses orbites sèches entre ses mains -parce que je ne sais pas pleurer parce que je ne sais pas je ne sais pas faire comme toi.


Sois naturel ; sois toi-même. Qui était-il, déjà ? Axel, qu'aurait-tu fait à huit ans lorsque tu pensais que jeter des cailloux pour écailler les couleurs des tas de ferrailles, c'était amusant, bien plus que les fleurs, alors que maintenant, ça t'est totalement égal ? Hm. Que t'aurait-on fait, si tu tombais, si tu pleurais pour une vulgaire égratignure que tu aurais léchée maintenant avec cet air extravagant ? J'aurais, j'aurais...


Il commença par s'accroupir. Pour mieux le voir ? Joue au loup, au loup ! C'est pour mieux te voir, mon enfant... Non, inadapté. Il voulait simplement...


« Chuut,... Ce sont des choses qui arrivent. »


Mettre sa main dans ses cheveux. Ne pas serrer. Ne pas tirer. Caresser doucement dans le sens de la pousse, puis finir par le tapoter doucement, à la nuque. Ça arrive. Il suffit d'ajouter le bon ton au bon cliché ; ça arrive ; ça arrivera, c'est peut-être déjà arrivé et ne pleure pas. Ça arrive ? Par exemple : pendant le cours des mercredis après-midis avec le barbiturique assigné (Gillen le chauve) ; dans l'autre monde, dans un autre silence enveloppant, cette fois uniquement interrompu par le bourdonnement monocorde de cet homme à l'expression baptismale -et là, là, il avait eu envie d'en finir. Par ennui. Et aussi, et peut-être, à cause de l'odeur du printemps qui filtrait par la fenêtre, qui lui rappelait Dieter.


Il eut envie de lui poser la question. Pourquoi ? Pose-la. Joue au psychologue si ça te chante. D'ailleurs, il doit déjà y avoir un psychologue. Mêle-toi de tes affaires. Pourtant,... Il ? Qui était il ?


« C'est parce que c'est un endroit étrange... Ah, ou bien, c'est quelqu'un qui t'a demandé de le faire ? »


Bien sûr. Axel y avait pensé, et ça semblait évident : quelqu'un devait gouverner cet endroit. Ça ne sentait pas vraiment l'administration -le vieux papier et la naphtaline, mais le pouvoir. Oh, ce n'était pas si mal... Par contre, ça ne sentait pas très bon s'il fallait se couper le gosier pour les beaux yeux de l'être suprême. Après tout, qu'auraient-ils à gagner en mettant fin à leurs jours déjà accessoirement bouleversés par ce plongeon -définitif ? dans ce monde (fouettant le décor cinématographique ? Mais, Axel ; pour toi, c'est partout comme ça).


Il finit par s'asseoir, indifférent à la poussière sur le sol gris, aux restes de tracés à la craie blanche, pour se glisser contre le mur, près du jeune homme -acteur ! muré dans un silence qu'il appréciait, car on pouvait y placer des questions, et davantage même de suppositions. Et c'était ce qui comptait. L'importance dans une histoire, après tout, c'est bien de faire durer l'attente jusqu'à la fin.

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Endless Hiddayen


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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Lun 14 Juil - 18:33

Ce ciel flou avait l’air vide. Il paraissait normal en même temps que vide. Le manque d’une personne ? Le regret ? Non, encore mieux : hésiter encore sur la même hésitation qui avait déjà pris fin. Avais-je fait la bonne action ? Aurais-je dû mourir ? Et puis quoi encore. Jusqu’à maintenant, je me demande pourquoi ce ciel vide. C’était étrange, comme tout ce qui m’entourait depuis le début. Même lui, cet inconnu m’ayant arrêté, avait ce côté étrange. Pourquoi jouer avec le sang, pourquoi être aussi gentille avec moi qui étais aussi inconnu pour lui qu’il l’est pour moi. Et pourquoi autant de pourquoi ? Ma tête pouvait en exploser.

Le jeune homme qui s’accroupit ramena mon attention sur lui. Il ne semblait pas m’en vouloir pour tenter de me consoler. Consoler ? Ai-je utilisé le bon mot ? Etaient-ce réellement des mots pour consoler les gens ? Ah quoi bon m’en faire pour une question qui n’en vaut pas la peine. Il y en a tant d’autres que je dois éviter celles inutiles. Inutiles ? Sérieusement.

« Hahaha, inutiles. Normale que tu t’en poses : tu es toi-même inutile. »

Il porte sa main vers moi pour caresser mes cheveux. Mon regard rouge tantôt floue tantôt bon dérivait sur son visage. Il semblait en paix, tranquille. On aurait pu dire que rien ne le dérangeait dans ce que je faisais, et ce depuis ma tentative de suicide. Gentille ? Manipulateur ? Et autant de doutes ? Il m’a bien aidé… Il m’a aidé. Oui. Il m’a aidé.

Deux tapettes à la nuque et j’inspirai profondément avant de laisser ma tête contre le mur en laissant mes pieds baisser peu à peu le niveau de mes genoux. Je dois avouer que je commençais à me calmer, à me reprendre. Il veut m’aider. Rien que ça. Ce n’est pas une âme cruelle qui ne souhaite que le malheur du monde. Silence. Silence pour ma voix, silence pour ma respiration. Elle se régularisait, mais s’effectuait toujours entre mes lèvres.

« Endless. Je l’aime bien ce gars. Il est bien loin de connaître la réponse ? C’est rigolo.
_ Ne te moque pas de lui, » lançai-je d’un ton froid.

Il venait de poser une question, et mes mots firent office de réponse involontairement. Je plaquai soudainement ma main contre ma bouche, essuyant mes larmes de l’autre, tout en entendant l’âme rire. Si je la voyais, elle aurait ri à en pleurer.

« Je… Désolé. Je parlais à quelqu’un qui… ce n’était pas vous mais. Héhé… »

Rabaissant ma main droite jusqu’au sol, la gauche avait libéré ma voix vocale. Je riais nerveusement en rageant intérieurement. Je lui ferai sa peau… Rager intérieurement ? J’aurais sorti des insultes et des misères à cette pauvre « enfant » enfermée en moi depuis je ne sais plus combien de temps. D’ailleurs… quel jour étions-nous ?

Mon rire s’éteigna rapidement pour laisser place à un sentiment de gêne. De gêne atroce, un sentiment que je hais plus que l’hésitation. J’avais l’impression qu’un poids lourd s’abattait sur mon cœur et que celui-ci allait cesser de battre tellement il devait être fatigué de le faire aussi vite. Pourquoi a-t-il fallu qu’il soit en face de moi.. ? Car oui. Je me sentais rougir. Rougir.. ? N-Non ! Rapidement, je changeai d’angle de vue.

Cette fois, il passa à mon côté droit, près de moi – toujours-. Comment je le sais ? Bah, il est justement entré dans mon angle de vue changé. Et je me suis surpris en train de l’observer dans un silence pesant. Devrais-je réellement lui dire.. ? J’hésitai. Encore de l’hésitation ? Encore, effectivement. Purée.. ! Hésiter, encore, toujours… Un soupire.

« Je… j’ai peur de le dire. »

Ca a fini par sortir. J’avais mon côté réjoui, comme l’autre encore énervé car j’hésitais encore. Hésiter, hésiter… serait-ce bien ou mal de lui en parler ?
Ma tête reprit une droite position et mes prunelles regardaient un horizon inexistant. Le vent soufflait encore, un coup fort, un coup doux. J’en finis par pencher ma tête d’un côté jusqu’au point où on pensait que j’allais dormir. Dormir… Après avoir pleuré, les yeux sont fatigués.

« On m’a toujours mal prit sur ce sujet.
_ Pfuuuuh. Normaaaaaaal. Je te l'ai demandé : tu penses vraiment qu'un inconnu irait t'aider ?
_ RAH. »

Un violent coup de tête en arrière, par l'énervement. Et croyez-moi, je m'étais fait mal. J'en serrai des dents, fermai des yeux à en faire des rides, et sentis de la pure culpabilité. J'ai crié...encore. Comment va-t-il réagir ?

« T'es foutu. Haha ~ ! »
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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Mar 15 Juil - 15:28



Qu'est-ce que c'était, ce petit dialogue intermittent ? Car oui, ça n'avait rien d'un monologue ; dément ! D'ailleurs, c'était fascinant. Cette façon qu'il avait de bifurquer au sommet d'une émotion, son habileté -sûrement inconsciente, à se perdre dans une colère presque résignée... C'était, en tout cas, un délice à regarder, une merveille de pouvoir suivre les crispations nerveuses sous sa peau ; et bien sûr, frustrant. Comme il l'enviait. Mais qu'était-il ? Il n'interprétait pas, sans doute, un esprit cyclothymique. Il l'était lui-même. Ou bien, était-il possédé ? Tiens... Par exemple, ses pommettes avaient-elles rougies brièvement, toute à l'heure ?... Autant de variations que d'intensités.


Bravo, c'est toi le dabe. Maintenant, tu veux jouer au chef d'orchestre, ou au psychologue ? Non, il était simplement curieux. Tu te perds dans les rôles... A chaque fois que tu dois décider d'accoster, c'est comme ça. Oh, pire : l'envie de savoir le consumait, comme un bon lecteur qu'on tirait par les yeux à la fin d'un roman ; car s'il était bon acteur, il était également un excellent spectateur, et on était bien obligé lorsqu'il fallait improviser. Alors, il portait l'indiscrétion latente d'un observateur persistant ; bien qu'il ait voulu, au début, le disséquer vivement sans lui laisser le temps d'y penser.


Le garçon poussait des cris qui lui semblaient casuels à lui, mais qui portaient sans doute un sens -fictif ou réel, mais qu'est-ce qu'on s'en lavait les mains, maintenant, arrivé là en glissant dans les vagues, à savoir si c'était une maladie ou un mauvais roman noir ; que pouvait encore porter un sens après l'ultime pirouette dans la petite flaque ? Ne deviens pas grossier ; ce n'est pas ton rôle. D'accord. Il fallait d'abord poursuivre un dialogue, tout en observant, tout en (pensant) à ce qu'il allait faire pour contribuer à un point final satisfaisant dans cette histoire de quelques minutes. D'ailleurs, combien de temps s'était écoulé ? Dix... Vingt minutes, tout au plus.


« Tu vas te faire une bosse. »


Axel sourit à nouveau, cherchant son personnage, le saisissant à la pince sous sa peau pour l'extirper et l'avaler. Et bien sûr, il avait la réponse. Le mettre en confiance. C'était de loin la chose la plus ardue dans les prémices d'une relation humaine -même en admettant qu'elle soit saine, mais bien sûr, Axel aimait relever ce genre de défis. De toute façon, il avait commencé ; on n'arrête pas ce que l'on commence, sauf s'il faut jouer au lâche (un autre rôle délicieux, mais qu'il serait stupide de choisir maintenant). Mais avant toute chose, il devait prendre soin de ne pas perdre son interlocuteur en cours de route ; c'est-à dire ? Ecarter les obstacles : Les objets, dont le couteau, dont les éclats de verres, les écheveaux de cordes, les armes à feu, les lauriers-roses... Et les surfaces planes, dont le mur contre lequel ils restaient adossés comme des enfants. Ouvre la bouche. Souris, tend la main, cherche la bosse ; voilà, c'est ça. Bingo si ses traits se détendent. Et si tu l'emmenais à l'infirmerie et si, tu lui donnais de l'eau ; sois gentil, Axel. Mais il ne voulait pas quitter cet endroit ; c'était une belle scène. Les ombres de l'arbre serpentaient sur leur visage. Le ciel demeurait vide ; ils leur renvoyait son regard stupide, vacant. Normal, il n'a pas de regard. Il sentait la boursouflure légère contre sa main, dans les cheveux noirs. C'était le genre de blessures qui lui rappelait son enfance quand il avait plongé contre le mur opposé en faisant semblant de monter sur un minicar rouge et tiens, ça faisait alors bien longtemps que tu chérissais les faux-semblants !


« Ah, voilà ; tu as une bosse... C'est pas malin. Tu crois qu'il y a des poches de glaces ici ? »


Quel rôle ? Celui de la mère ? -Oh, mon pauvre Axel, comment tu t'es fait ça ? Celui du frère ? -Tiens, un pansement. Fais un peu attention la prochaine fois, t'es con. Quel rôle, quel visage ? Mais continuer à sourire, ah, ça il le fallait. Et il enleva sa main pour ne pas déranger la blessure.


« C'est à cause de cette personne que tu as failli te tuer, je suppose... Oh, d'ailleurs, je ne sais pas encore comment tu t'appelles. »


Il n'excluait rien -pas même l'hypothèse d'une tierce personne qui aurait pris part à leur rencontre, sans qu'il puisse s'en apercevoir. L'éventualité faisait partie de la liste des possibilités car, après tout : où étaient-ils ? Dans une illusion enveloppant les cinq sens humains ? Dans un rêve ? Dans un décor (ça, bien sûr). Ou bien, en enfer. Ce pouvait être n'importe où, et son interlocuteur pouvait tout aussi bien partager son enveloppe corporelle avec un veau de lune ; il n'y avait rien de choquant une fois que l'on s'habituait... au décor. Ici, ils n'avaient pas plus à dissocier le vrai du faux, que d'aller absolument chercher les fantômes chez Freud ; tout pouvait exister. C'était bien plus marrant, euh, amusant, bien sûr.


Alors, ramenant ses genoux contre son torse, il l'imita en penchant son visage sur le côté. Une douleur sèche fourmillait dans sa paume où ses cellules combattaient encore une inflammation devenue habituelle.


« Je m'appelle Axel. »


Et ça ne veut rien dire, puisque ce n'est qu'une étiquette. Mais il lui dira plus tard, si les jours s'enchaînent dans ce monde ; qu'il n'est en fait qu'un acteur sans visage désireux de manger la figure des autres, de chercher ses réceptacles imaginaires ; qu'il n'est en fait qu'une âme. Pause, s'il-te-plaît, pause. Mais aujourd'hui, c'était à lui de parler.


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Endless Hiddayen


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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Mer 16 Juil - 17:43

Coup brusque inattendu, voir violent. Même moi je ne m’apprêtais pas à me faire mal. Colère ? J’étais tellement sur les nerfs que j’en avais oublié le mur. J’étais pourtant adossé dessus. C’est bête… Il fallait bien que je me rendre compte. Qui ne l’aurait pas constaté ? Un aveugle, sourd et innocent… Bien trop innocent, ignorant ce qui se passe autour de lui. Sans même voir le visage de ses proches ; sans même voir un Endless qui se cognait tel un sot.

La douleur ressentie ne m’a pas réellement préoccupé. C’était surtout le « comment va-t-il me prendre » après que j’aie crié encore une fois qui me piétinais la tête. A sa place, j’aurais été vexé – je dois l’avouer.  Parler à un inconnu afin de l’aider pour obtenir des mots froids et des cris de colère. Détester une personne et se faire foudroyer à sa place. Mais ce ne furent que des craintes inutiles. Quand il parla, j’ouvris les yeux, alors que de sa main il alla tâter l’arrière de ma tête. Une bosse ? Vu la douleur, fallait-il réellement se poser la question ? Il a l’air calme… ça ne l’a réellement pas dérangé ? Alors je me souciai de la bosse, sans doute en grimaçant. Des glaçons ? Et puis, pourquoi pas..? Non.

« Haha… euh. Je ne sais pas s’il y en a… mais ce n’est qu’une bosse. Ne vous en faîtes pas.
_ T’es trop idiot. »

Il en a largement assez fait comme ça envers un inconnu, me suis-je forcé de penser au lieu d’ajouter le tout à vive-voix. Sa main se retira : j’en profitai pour remonter ma capuche grâce à mes deux mains avant de me servir de l’une d’entre elles afin d’arranger mes cheveux. A cause du vent, ils me tombaient dans le visage et c’était désagréable. Malheureusement, ma tête paraissait trop lourde à redresser… Sérieux ? Je m’plains.

Le jeune homme avait repris paroles – des paroles qui m’ont effrayé, en quelques sortes-. Un médium ? Peut-être. Ou un Shaman ? Comment pouvait-il connaître l’existence d’un deuxième en moi ? Quoi que ses mots n’étaient pas assez précis pour en tirer cette conclusion.

« Eh. Il est intelligent c’mec ! T’as même pas eu le besoin de lui parler de moi. »

J’en gardai un silence affreux en regardant autour de moi tel une personne réfléchissant profondément. En tant qu’enfant qu’on n’a jamais cru, n’était-ce pas normal que je m’en fasse à ce sujet ? Ah moins que lui-même n’était pas totalement sûr de ce qu’il avançait…Qui plus-est, je n’ai pas osé répondre à sa question en me penchant plus sur ce qui suivait déjà. Il ne connaît pas mon nom…

Je clignai deux-trois fois des yeux avant de poser mon regard sur lui. Il m’avait imité, ce qui me fit sourire d’amusement, jusqu’à ce que j’en rie légèrement pour juste quelques secondes. Après tout, il n’avait pas l’air méchant.

« Moi, c’est Endless. Enchanté Axel. »

Et le vent cessa, avec lui le bruit des feuilles agitées des arbres. Aucuns autres enfants ne passaient autour de nous. Quand le bruit naturel de l’élément soufflant s’était éteint, je remarquai enfin que c’était trop calme. Le monde se taisait depuis le début. Biensûr, je ne parle pas des êtres vivants, non : je parle des objets qui m’entourent. L’arbre, ses feuilles, le mur, le sol, et même mon ami le couteau : rien, personne ne parlait. Qu’avait-il ? Etaient-ils aussi effrayés que moi ? Je ne pouvais me permettre de le leur demander. Non… pas pour l’instant. Je ne voulais pas qu’Axel en voit plus que ça.

En parlant de lui… je me posais des questions à son sujet. Est-il nouveau aussi ? D’où vient-il ? Comment est-il arrivé ici ? Je devais le lui demander peu à peu.

« En fait, tu es nouveau aussi ici ?
_ J’EN AI MARRE. Laisse-moi sortir. »

Je dirigeai soudainement ma main dans ma poche droite pour en sortir mon couteau. Endless… fais-le. Calme-le. Et je me fis une coupure de deux centimètres environ que la poignet gauche. Du sang s’écoulait de la plaie, et je tentais de passer outre la douleur. Haineux, je fixais le liquide coulait le long de mon avant-bras.

« Axel, commençai-je sans détourner mes yeux. Je n’ai rien contre toi, d’accord ? »

D’un petit élancement, je lui adressai un sourire aussi chaleureux que je pouvais, gardant la lame de mon couteau près de mon poignet. Moi aussi, j’en ai marre, cher démon. Pensées silencieuses, en même temps ; entièrement dédiée à cette âme.
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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Jeu 17 Juil - 13:24

Un sang d'aquarelle




« Ah, bon. »


Il n'avait pas réfléchi.


Bizarrement, il n'y arrivait pas, plus maintenant, en saisissant cette autre chose à la volée, sans qu'il n'arrive à mettre un doigt précis dessus ; peut-être s'agissait-il d'une vision, d'un autre souvenir -la bouteille de bière sur le plan de travail, l'alcool rance qui a le goût de la pisse, son rire qui a l'intonation de la même pisse sur la céramique de la cuvette maculée de saleté, le sexe au son d'une musique métallique -rétrospectivement violente et abjecte ; les cris la douleur un plaisir fade né de quelques frottements la bouteille qui s'en va et qui se déverse -Oh putain Axel, t'es pas doué -Mais c'est de ta faute ! Non... Ce n'était pas ça, mais plus vague, plus lointain, plus sincère plus fuyard ; il le voyait dans le sang carmin de ce garçon, le garçon Endless ; haha, dans un au-delà intemporel, avec ce soleil qui se tait, ce vent d'une timidité ignoble, ce sol qui se la ferme, aussi, filtrant les vibrations des pas, ces murs qui absorbent les sons, où tout, tout est artificiel et rien n'existe vraiment -dans cette cour de silence, cette cour de tristesse, où il voyait encore le sang d'un autre, et ça ressemblait aux éclats d'un coma éthylique en plein dans ses yeux.


« Ça tombe bien, parce que moi non plus. »


Arrête papa, s'il-te-plaît. Ne t'en vas pas là où les pays n'existent pas, là où il n'y a pas plus de voyages que de séparation. Rien que du silence. Et je t'assure -je te jure, que le bon dieu n'existe pas.


« Ne fais pas ça devant moi. Endless. »


Et je te jure, oh je t'assure que je pourrais ne pas être gentil avec toi, ah -mais qu'est-ce que tu crois ? Des années et des années passées à jouer aux vermines, aux minables petites frappes ; ces mois terribles passés à avaler du whisky en prenant bien soin d'en apprécier la brûlure, à fumer et à avaler pour se détruire trois neurones et s'échapper entre les fissures, ah que crois-tu ? Ils sont là, encore là, tapis sous sa peau, attendant patiemment d'être utilisés. Car un être humain est fait de souvenirs. Et sans rire, ils se feraient certainement manger par les décompositeurs, mais c'est par des humains qu'ils se feront oublier. Là-haut, ils étaient déjà tous embarqués dans ce fameux processus de l'oubli salvateur, en admettant bien sûr qu'ils aient déjà existés en haut. Tiens, tu te reprends, maintenant ? Oui. Ce n'était pas le moment d'utiliser le whisky et les feux d'artifices maintenant. Mais il n'avait pas pu réfléchir. Il avait mis sa main sur le poignet du brun, et il le serrait. Fort. Blessure contre blessure, mordus par le même couteau ; parce qu'il vaut toujours mieux être deux plutôt que seul, qu'importe, que ce soit avec un monstre -Ahah, tu essuies, en plus ! Essuie avec ta langue que je voie, Axy ! ou avec un ange qu'il n'avait pas encore connu.


« Je suis nouveau, lâcha-t-il alors un peu abruptement en maintenant sa poigne sur sa blessure, les yeux dans le vague. Mais plus sérieusement ; qu'est-ce qu'il en est ? J'ai fait une supposition, mais je ne suis pas certain. Je ne veux pas voir ton sang, le sang, d'autres sangs, ça me rend... »


Mais maintenant, tout allait bien : maintenant, il avait apposé son sang au sien. Tout pouvait encore rouler, sauf si tu n'avais pas perdu ton rôle, pour une énième fois. Il rit. Ça y est, joue au fou ; vous formez un bon duo. Mais sans le prévoir, manquant de tirer la langue pour le désinfecter comme un animal, mais s'abstenant de le faire, de peur de se perdre, ou de s'y perdre, alors que tout avait si bien démarré ; il ne pouvait se permettre de se perdre une seconde fois.


En lui lâchant le poignet, il osa jeter un dernier coup d'oeil au résultat : au sang d'aquarelle qui se répandait comme des Pollock sur sa peau blanche.


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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Lun 21 Juil - 7:41

Elle s’était tu. Elle ne parlait plus. Tout demeurait meilleur sans sa voix. La paix qui envahissait mon cœur, et le calme qui s’en était emparé. De plus qu’Axel semblait amical, lui qui n’avait pas encore réagi à mon action. Enfin, ce « pas encore » qui dit qu’il le fit plus tard, après avoir donné l’ordre de ne faire une telle chose sous ses yeux. Pourquoi, Axel ? Cela te dérange maintenant. Qui pouvait savoir ? Malgré tout, je trouve, il tenait ce côté mystérieux ; un côté indéchiffrable que je ne pouvais réellement dire de quoi s’agissait-il.

Lâche. Lâche-moi. pensais-je alors qu’il attrapa ma blessure et la serrait. J’avais mal ; ça picotait, mais ça semblait avoir effet sur cette âme qui paraissait endormie, alors je ne disais rien, me contant de fermer mes yeux jusqu’à former des rides à mon front –encore-. L’âme endormie ? Ce devait être normale, elle qui, depuis le début, se nourrit de la souffrance des autres en leur volant leur liberté, leur sang, et, si elle le pouvait, leur chair. Une raison en plus qui me donnait le courage de la garder. Cependant, personne n’aurait su combien de temps encore je pouvais tenir seul. Moi, capable de rien face à ce démon, à part me blesser pour lui, encore pour lui, toujours pour lui, comme si je ne suis qu’un malheureux soumis. N’est-ce le prix à payer pour le garder enfermé ?

Axel était aussi nouveau que moi, et ne pouvait rien me dire de plus sur cet endroit. Ca avait ce désavantage de rester tous deux non informés. Ah moins qu’on se mette à explorer ensemble, ou à faire comme si de rien était. Ah, je pouvais toujours rêver. Comment faire comme si de rien était alors que le « rien » n’est que « tout » ?

A la fin de ses mots, le jeune homme se mit à rire. Pour ma part, j’inspirai un grand coup, à deux doigts de lui demander de lâcher mon poignet, arrêté par la pensée d’une de ses phrases. Il veut en apprendre plus ? Serait-il conscient de ce qu’il dit ? Non. Ignore ta blessure malgré le mal que t’étais fait. L’occasion était à saisir pour enfin en parler.

« Ca te rend bizarre, » crachai-je en un soupire.

Puis, il me lâcha. Je pus observer ce que cette folie avait donné. « Folie ? » Placer ses doigts autour d’une blessure, que l’on soit habitué à la douleur ou non, ça reste tout-de-même étrange. Aussi étrange que lui à ce que je pensais depuis le début ; lui qui semblait rire de rien, lui qui pouvait faire du sang ce qu’un peintre ferait de la peinture. Ah, Axel… pensai-je avant de continuer à voix haute :

« Si tu ne veux pas voir d’autres sangs, tu ne devrais pas rester près de moi, ou tu en verrais souvent… » Dis-je plutôt faiblement. Car, au fond, j’apprécie ta compagnie, continuai-je pour moi-même.

Je rangeai mon couteau dans ma poche et plaça mon dos convenablement au mur tandis qu’un de mes genoux montait en pic et que l’autre était tendu, plaqué à terre. Mes deux bras furent relâchés lacement par pur fatigue, et mes yeux qui piquaient se fermèrent à moitié. Le silence qui s’était installé m’était désagréable, mais je ne sentais plus la force d’effectuer le moindre mouvement.

« Et… m’efforçai-je d’ajouter, doucement. Ce qu’il en est, disais-tu ? ah… qui peut savoir si c’est une fille, ou un garçon… héhé… » Et je ricanais bêtement.

Il fallait profiter de cet instant de répit parce que l’âme « dormait ».

« Parfois je dis démon, parfois je dis esprit… parfois je dis âme. C’est une âme,oui, qui ne désire que le mal. Elle m’a déjà forcé à tuer ma mère. Mais bon, je n’ai plus à m’en faire, vu qu’elle est enfermée en moi : elle ne peut plus posséder les autres… »

Puis, un léger sourire qui marqua ma fatigue, ma peine, ma rancœur, et l’ironie. Je n’en pouvais plus. Seul, j’étais en fait pire qu’incapable. Dans ce monde où j’avais tout perdu, je n’avais plus réellement de raisons de continuer. Sans mon frère, sans mon père, et sans le docteur… Le docteur ? Oui, ce psychologue. Au final, je l’aimais bien celui-là. Sauf si je voulais protéger les gens de ce monde. Mais, qui étaient-ils ? Je ne savais pas encore. Etions-nous tous des âmes dans le monde des morts, ou de simples perdus dans un monde… perdu ?

« Je n’aimerais pas qu’elle continue ses conneries, même si parfois j’ai envie d’en finir. Il m’arrive de céder, et il y a quelques instants j’ai failli y passer. Sans toi. Je devrais te remercier. »

Mais je baissai mes paupières lourdes. Je ne voyais que du noir. Je ne sentais que des choses que je ne voyais pas, pour au final, me perdre. De quelle façon ? En m’endormant.
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MessageSujet: Re: Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.   Mer 23 Juil - 18:15

The movies gonna make me a big star
'Cause I can play the part so well





La lumière glissait sur ses plis de douleurs comme une eau tiède ; et il aimait le voir ainsi, si vulnérable et résigné qu’il lui aurait suffi de presser une seconde fois sa paume sur les coulures obliques de son poignets pour lui arracher un autre soupir. Il n’aimait pas voir le sang de l’autre, peut-être ; mais sa douleur, oui. Comment dire ; qu’une fierté sans nom s’emparait de lui à chaque fois qu’il glissait des lames entre les veines d’une autre victime ? Le contraire lui plaisait tout autant. D’ailleurs, il était fade par son manque de préférence, car il s’amusait de tout. Mais cette douleur visible n’était que trop exquise pour ne pas réitérer le geste. Pourtant, il se retint. Axel scruta sa propre main sur laquelle on pouvait lire des destins sanglants comme au fond d’un café turc renversé sur une tasse en porcelaine. L’odeur de fer lui emplissait les narines –encore, encore, et achevait d’évincer les effluves d’un été synthétique que dégageaient le soleil mouvant et ses rayons tentaculaires.


« Ça tombe très mal, parce que j’aimerais bien rester près de toi. »


Dis-le sans mettre de concupiscence dans ta voix, sans vouloir l’attirer dans ton lit froid, sans vouloir lui faire de mal ; mais tu adorerais ça, Axel, ça oui : lui faire du mal comme à beaucoup d’autres. Axel le regardait ranger son couteau souillé, tout en sachant parfaitement qu’il allait encore servir à dépeindre –très prochainement, les méandres tortueux d’un esprit assiégé par un autre ; tantôt démon, tantôt ectoplasme asexué.


Mais il n’avait pas à le remercier, bien sûr car tout le plaisir était pour moi, Endless, si seulement tu le savais. Il ne l’avait ni sauvé par une philanthropie absconse propre à l’humain –où il aurait été naturel d’accepter les remerciements, puisque cette bonne action reposerait sur l’envie d’être félicité, ni par une curiosité quelconque. Il l’avait fait par exaltation ; comme un acteur furieusement enchanté de poser un pied sur une scène de fortune, improvisant un Lélio emporté devant Isabelle. Mais ce n’était pas ça, bien entendu. Ce genre d’acrobaties mièvres restaient encore hors de sa portée ; et si un jour, il se retrouvait à s’agenouiller devant un homme, il en aurait perdu tous ses masques –et ses répliques ; et ça, c’était odieux !


Endless sombrait, exténué, et Axel considéra un instant la chute des rideaux avec amusement en suivant le mouvement de ses paupières suivi de près de celui de sa tête qui se glissait sur le côté. Ses cheveux noirs chuintaient contre le mur. Maintenant ; c’était la parfaite imitation de la mort ou du cauchemar en plein soleil.


Allons, Axel. Oh, oui. Il devait maintenant se pencher devant ses spectateurs invisibles avant de clouer la scène finale sur une réplique tremblante avant de sauter dans le déguisement suivant. Axel se pencha sur Endless, et finit par murmurer :


« Mais je t’en empêcherais encore. »


Sur ce, laissez-moi passer du vagabond vampirique au prince charmant, puis à l’adolescent idiot qui va chercher un exutoire dans sa chambre, je vous prie. Il s’épousseta longuement en se redressant, passant ensuite une langue distraite sur la paume de sa main droite avant de se courber sur le corps inerte de l’autre garçon. Il aurait maintenant pu se préparer à le soulever pour glisser dans les chambres masculines, tonnant d’une fausse voix virile : « Je vous ramène Endless ! », mais il se savait incapable d’une telle manœuvre comique, même en puisant dans toute la force menue de ses deltoïdes. C’est pour mieux te voir, mon enfant… Ah, assez. C’est pour mieux te fouiller, mieux prendre connaissance de ton numéro de chambre ! Sa main hésita sur la lame du couteau qui l’effleura une dernière fois ; mais il la lui laissa. Au lieu de jouer au bon samaritain, il se contenta de voler l’expression exquise du l’homme au cheval blanc ; son fardeau excentrique dans les bras.


« Après le suicidaire possédé, on en vient à la belle au bois. On ne s’ennuie jamais aux entractes, comme tu es chic ! »


Le garçon ne l’entendait pas, mais il s’adressait bien davantage à l’âme, qui peut-être l’écoutait dans une enveloppe corporelle assoupie. Mais tant mieux. Car s’il en avait deux, ce n’était pas mal : il se soupçonnait lui-même de n’avoir rien d’autre que son corps à déguiser à loisir.




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Fini. ● I want to finish. ● Pv. Axel Thalberg.

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